François André est le 1er à ouvrir les portes de ses casinos aux femmes.

Bienvenue sur le Blog du Jeu Responsable
Proposé par des psychologues spécialisées dans l'addiction au jeu ou jeu excessif, vous y trouverez des informations et conseils sur le jeu responsable.
Bonne lecture.


Au 18e siècle, l’entrée des casinos est interdite aux femmes : elles étaient considérées comme impulsives, plus excessives et donc plus joueuses que les hommes. On pensait donc qu’elles étaient moins résistantes à la tentation du jeu. Comme cela arrangeait tous les hommes, on leur interdisait l’accès aux salles de jeu afin qu’elles ne soient pas tentées de dilapider l’argent du ménage.

A l’occasion du 100e anniversaire de la journée de la femme, il est intéressant de noter que François André fut le premier à les accueillir dans ses casinos !


Posté le : 08 mar 2010
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Ouverture du marché des jeux d’argent en ligne et jeu responsable

Rappelons tout d’abord les faits :
Les jeux d’argent en ligne sont supposés être illégaux en France mais la réalité est toute autre, 2 à 3% des Français joueraient déjà sur environ 2500 sites répertoriés. Au poker, ils seraient entre  500 000 et  900 000 Français à jouer régulièrement en mode argent réel. (source Poker Players Research)
Pour se mettre en phase avec la législation européenne et pour reprendre le contrôle de ce marché, l’Etat est rentré dans un processus  d’ouverture du marché des jeux d’argent en ligne. Un processus  « contrôlé » qui devrait voir le jour en 2010 (peut être Juin 2010 pour le lancement de la Coupe du monde).

Il a pour objectif de limiter et encadrer l’offre et la consommation des jeux », édicte l’article 1 du texte. Il entend « prévenir l’addiction au jeu« , « assurer la transparence des opérations de jeux » et « prévenir les activités frauduleuses ou criminelles et le blanchiment d’argent ».

Les points clés du dispositif :
- L’ouverture ne concerne que le poker et les paris sportifs à cote fixe (pas les casinos en ligne : les jeux de roulette en ligne ou jeux de grattage en ligne restent illégaux)
- Les acteurs ne seront autorisés à opérer en France que si ils obtiennent une licence auprès d’un organisme nouvellement créé : L’Arjel
- Les opérateurs n’obtiendront cette licence que s’ils respectent entre autres les contraintes suivantes :
* Contraintes fiscales : avec une taxation très importante (jusqu’à 50% des marges prélevées au poker)
* Contraintes techniques permettant notamment à l’Arjel de vérifier le sérieux des opérations de limitations sur les comptes des joueurs (mises plafonnées)
* Contraintes produit avec un taux de retour aux joueurs plafonné à 85% ou la mise en place d’un processus de certification des joueurs à l’inscription (incluant très probablement un vérification de « non interdiction jeu de jeu à l’instar des casinos physiques).
* Contraintes marketing avec l’encadrement de la publicité (en évitant de toucher les mineurs, en ne présentant pas les jeux comme des moyens de devenir riche ou de résoudre d’autres problèmes).
- Cette licence permettra notamment aux opérateurs d’accéder aux medias de masse (TV, presse).

On le voit, dans le cadre de cette « ouverture  dite maîtrisée du marché », le jeu responsable est une préoccupation centrale pour le gouvernement .
Elle explique pourquoi les autres jeux de table (roulette, black jack …) et les machines à sous (réputés trop addictifs aux yeux du gouvernement) ne seront pas autorisés et elle oblige les opérateurs à opérer des actions responsables (notamment en finançant des études et actions sur le sujet).

Mais ce dispositif lève aussi des interrogations :
- Rendre accessibles des activités addictives augmente le risque d’addiction. Il faut garder à l’esprit que ce qui rend un jeu addictogène, c’est la rapidité du jeu. Plus le laps de temps est court entre 2 mises, plus le risque est grand. Or sur internet, on peut jouer plusieurs parties en même temps, le risque est augmenté. Mais l’ouverture va-t-elle réellement modifié les comportements existants ?
- Permettre aux opérateurs de lancer des campagnes de communication va générer des stimulations non désirables auprès des populations sensibles (jeunes et joueurs à risques). Les adolescents et jeunes adultes sont particulièrement vulnérables car le on-line est très naturel pour eux. Mme Delaunay, médecin et porte parole du PS sur le sujet évoque l’absence d’étude d’impact.
- Financer la lutte contre l’addiction (notamment avec une enveloppe de 10 Millions € allouée à la prévention par l’Institut National de Prévention et d’Education à la Santé) est une action salutaire, mais les dispositifs d’accompagnement doivent se mettre en ordre de marche : les centres d’addictologie (ou CSAPA : centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) développent peu à peu des consultations « jeu pathologique ». De plus, les dispositifs d’interdiction ne sont pas encore en place. La filière y travaille.

Ce sont là les principaux reproches qui sont faits à ce projet de loi. Ils ne doivent pas effacer une situation actuelle difficilement  acceptable : Des centaines de milliers de français jouent de l’argent sur Internet et le cadre législatif n’est pas adapté. Le jeu responsable est rarement considéré (sauf par quelques opérateurs et quelques licences de jeu sérieux). Le revoilà placé au centre des débats, pour que le jeu reste un loisir.

Voilà l’état des lieux à date, un état des lieux qu’on espère neutre. Les discussions autour du projet de loi continuent et nous vous tiendrons informés.


Posté le : 17 fév 2010
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Interview de Bruno Cagnon – DGO et porte parole du Groupe Lucien Barriere

Jeu Responsable Bruno Cagnon

1/ La mobilisation humaine pour le jeu responsable semble très importante chez Lucien Barrière et Casinos, comment expliquez-vous cela ?

Je crois qu’il faut parler avant tout d’un état d’esprit. En effet, le Groupe a toujours été proactif et très innovant dans ce domaine et les collaborateurs y adhèrent. Aussi la prise de conscience et l’appropriation du sujet s’est faite très naturellement et nos collaborateurs sont très conscients de l’enjeu que représente le jeu responsable. Aujourd’hui, nous sommes passés d’une prise de conscience à une véritable formalisation du processus. Nous avons mis en place une organisation très concrète avec un réseau d’experts sur le terrain, des outils pratiques et les équipes dédiées sont formées en conséquence. Elles sont capables d’identifier un joueur en difficulté et le diriger vers le bon interlocuteur. Parallèlement le site www.preferezunjeuresponsable.com donne des conseils utiles et propose notamment un test pout déterminer son profil de joueur.

2/ L’arrivée des jeux en ligne ajoute une difficulté à ce sujet. Comment arrive-t-on à détecter un joueur en difficulté sur le net ?
Evidemment mais nous aurons tout de même des fonctionnalités spécifiques qui permettent de vérifier l’âge du joueur, des outils de fixation de limite de jeu etc…. En revanche il est bien évident que les comportements de consommation sont différents et que nous devons innover pour établir une relation quotidienne avec nos clients comme dans un casino en dur.
3/ Qu’auriez-vous envie de dire à un joueur en difficulté ?
Faites une pause et faites-vous aider ! N’attendez surtout pas d’être en grave difficulté pour réagir. Nous avons la chance d’avoir un personnel très à l’écoute, qui peut vous diriger vers des professionnels. D’autre part nous disposons de moyens très novateurs comme la LVA, la limitation volontaire d’accès.  Cette démarche permet à un joueur, en concertation avec le casino, de limiter volontairement son nombre de visite au cours d’une période donnée. Le jeu doit avant tout rester un plaisir. Notre rôle est de divertir, de faire en sorte que nos clients viennent passer un bon moment chez nous et aient envie de revenir.La mobilisation humaine pour le jeu responsable semble très importante chez Lucien Barrière et Casinos, comment expliquez-vous cela ?

2/ L’arrivée des jeux en ligne ajoute une difficulté à ce sujet. Comment arrive-t-on à détecter un joueur en difficulté sur le net ?

Evidemment mais nous aurons tout de même des fonctionnalités spécifiques qui permettent de vérifier l’âge du joueur, des outils de fixation de limite de jeu etc…. En revanche il est bien évident que les comportements de consommation sont différents et que nous devons innover pour établir une relation quotidienne avec nos clients comme dans un casino en dur.

3/ Qu’auriez-vous envie de dire à un joueur en difficulté ?

Faites une pause et faites-vous aider ! N’attendez surtout pas d’être en grave difficulté pour réagir. Nous avons la chance d’avoir un personnel très à l’écoute, qui peut vous diriger vers des professionnels. D’autre part nous disposons de moyens très novateurs comme la LVA, la limitation volontaire d’accès.  Cette démarche permet à un joueur, en concertation avec le casino, de limiter volontairement son nombre de visite au cours d’une période donnée. Le jeu doit avant tout rester un plaisir. Notre rôle est de divertir, de faire en sorte que nos clients viennent passer un bon moment chez nous et aient envie de revenir.


Posté le : 11 fév 2010
Posté dans Témoignage jeu responsable |

Marc Valleur recoit la légion d’honneur

jeu_responsable_Marc_ValleurC’est assez rare pour le souligner, un médecin vient de se voir attribuer la légion d’honneur pour ses travaux sur l’addiction.
Il s’agit de Marc Valleur qui travaille sur ce sujet depuis une vingtaine d ‘années. Marc Valleur est médecin chef du centre Marmottan, membre du Comité Consultatif pour l’encadrement des jeux et du jeu responsable (Cojer).
Félicitations à lui et ses équipes.


Posté le : 09 fév 2010
Posté dans le saviez-vous ? |

Les Casinos a Paris

En 1919, une loi est votée qui interdit le jeux de hasard dans un rayon de 100 km autour de Paris  … Pourquoi 100 km ?

Tout simplement parce que les autorités avaient calculé que les classes défavorisées et moyennes de l’époque, ne possédant pas de moyen de transport, n’auraient pas les moyens de louer un véhicule. Ils limitaient donc ainsi naturellement la possibilité pour les plus modestes d’aller dépenser leur salaire au casino. Déjà les prémices de la prévention aux risques d’abus de jeu…..

Jeu responsable Enghien



Posté le : 05 fév 2010
Posté dans le saviez-vous ? |

Un congrés d’addictologie partiellement ouvert au public en Octobre à Nantes

Le Centre de Référence sur le Jeu Excessif organise les 7 et 8 octobre 2010 un congrès sur les addictions comportementales. Y sont invités des spécialistes du jeu excessif.

Ce qui est original, c’est l’avant-congrès, le mercredi 6 après midi. Le CRJE ouvre en effet un espace de discussion à la société civile pour faire se rencontrer usagers ou leur entourage, associations, professionnels de santé, et les opérateurs de jeux.

Voici le programme des tables rondes :
- 14h-15h Usagers et familles, associations et professionnels : comment travailler ensemble ?
- 15h-16h Jeux vidéo : entre banalisation et dramatisation
- 17h-18h Sport intensif : l’envers du décor
- 18h-19h Jeu responsable : des intentions aux actes.

Un forum placé sous le signe de l’échange, ouvert à tous en accès libre et gratuit à la Cité Internationale des Congrès Nantes – 5, rue de Valmy – 44041 Nantes Cedex 1


Posté le : 12 jan 2010
Posté dans Evènement Jeu Responsable |

E-Enfance : 3 questions à Beatrice Cooper

E-Enfance s’ associe aux partenaires de Jeu Responsable .Info et vous propose un contenu consacré à la protection des mineurs sur internet.
Retrouvez l’article E-Enfance : Les mineurs et internet sur notre site Jeu Responsable.

Nous avons posé trois questions à Béatrice Cooper, psychologue spécialisée dans la clinique de l’enfant et l’adolescent.

Béatrice Copper-Royer , Psychologue depuis 1986 spécialisée dans la clinique de l’enfant et de l’adolescent, elle a travaillé de nombreuses années auprès de juge aux affaires matrimoniales aux TGI de Chartres et de Paris ainsi qu’à l’Ecole des Parents et des Educateurs (EPE). Auteur de nombreux ouvrages chez Albin Michel : Comment survivre avec ses peurs ?, Non, tu n’es pas encore un ado ! , Vos enfants ne sont pas des grandes personnes, Lâche un peu ton ordinateur, elle est cofondatrice de l’association e-Enfance.

Bonjour Béatrice, tout d’abord merci d’apporter votre contribution au blog de Préférez un Jeu Responsable.

Au regard de votre expérience en tant que psychologue et en qualité de co-fondatrice de l’association e-Enfance pouvez vous nous expliquer le succès du poker auprès des jeunes et particulièrement des adolescents ?

Le poker est un jeu valorisé en soi et bénéficiant d’une image très « adulte », très virile, très compétitive (bien que certaines femmes soient aujourd’hui des références dans ce milieu).

Des personnalités, hommes séduisants et ayant une image masculine forte (comme Patrick Bruel) ont mis en avant leur passion pour ce jeu et sont devenus des « icônes » au yeux des adolescents.

Cela renforce évidemment l’a priori positif qu’ils ont pour le poker. S’ajoute à cela qu’au-delà du jeu de cartes et de sa stratégie, ce jeu valorise aussi la prise de risques, le bluff, or les adolescents ont le goût du risque et voient dans le poker un moyen de s’y confronter.

Cela renvoie les jeunes à un fantasme de toute puissance (présent depuis la petite enfance) qui est assez malmené à l’adolescence. Au poker, ils peuvent jouer à faire semblant, le mensonge est même valorisé. C’est à celui qui mentira le mieux pour gagner. La fin justifie les moyens.

Compte tenu des ces éléments et de l’engouement indéniable dont le poker fait preuve  faut-il interdire la pratique du poker aux adolescents ?

On sait que à l’adolescence les interdits renforcent plutôt l’envie… le goût de la transgression est fort, or les adolescents n’ont plus grand chose aujourd’hui à transgresser puisque notre société est quand même assez tolérante (par rapport à la sexualité par exemple).

Les rares interdits forts concernant les mineurs (pornographie, conduite, alcool…), dont font partie les jeux d’argent, restent un enjeu de transgression qui marque l’entrée dans le monde des adultes.

En clair, interdire sans en parler reviendrait à renforcer l’intérêt sans apporter de réels conseils. En outre être interdit de poker peut représenter un élément discriminant pour un adolescent par rapport à sa communauté d’amis si elle même pratique. Il est donc essentiel de parler librement, d’en expliquer les mécanismes et donner aux adolescents les conseils/outils nécessaire pour ne pas tomber dans les illusions de cette pratique.

Aborder le poker reste un sujet complexe tant l’offre est large et les pratiques variées, quelle est alors la meilleure façon d’en parler à son adolescent ?

Les parents doivent expliquer le contexte général et donner leur point de vue sur les jeux d’argent en général et leur prolongement sur le internet (en distinguant toutefois des jeux dits de casino, les paris et le poker qui reste un jeu de cartes lié à de réelles compétences et où le hasard ne fait pas tout).

Il est essentiel de n’avoir aucune tolérance quand l’adolescent utilise des modes de paiement qui ne lui appartiennent pas en lui expliquant aussi les risques juridiques encourus et de punir alors s’il y a transgression.

Les parents doivent veiller, pour les plus jeunes,  à ce qu’ils n’aient pas accès à internet hors de leur présence. Pour les plus âgés, le contrôle parental activé en mode « adolescent » est configuré pour interdire l’accès aux jeux d’argent et de hasard dans la mesure du possible. Pour les adolescents possédant leur propre ordinateur ou un accès non « surveillé » l’échange et la discussion reste les meilleurs remparts contre une pratique interdite ou non maitrisée.

Le poker peut être pratiqué sans argent, initié en famille, ce qui permet de ne pas le bannir totalement mais d’encadrer sa pratique.

La suite de l’interview le mois prochain sur le thème : Que faire pour venir en aide aux parents désarmés par rapport à un enfant « fan de poker » et consacrant un volume d’heures très important par jour à ce jeu ?

Pour plus d’informations :

Pour poser des questions à des spécialistes enfance appelez Net Ecoute Famille au 0820 200 000

ou adressez un email à : info@e-enfance.org

Plus d’infos sur : www.e-enfance.org


Posté le : 15 déc 2009
Posté dans Poker Responsable |

Poker responsable : Cyril raconte

Nous vous proposons l’interview de Cyril, joueur de poker anonyme, qui vient compléter le premier témoignage Poker responsable que nous avions publié à cette adresse :
http://blog.jeuresponsable.info/poker-responsable-temoignage/

Cyril, bonjour, pouvez vous nous dire comment tout a commencé ?

Je joue au poker depuis 4 ans, j’avais vu une émission sur Eurosport et le principe m’a plu. Plus tard, une publicité sur internet m’a incité à jouer. J’ai d’abord joué en play money ( »mode gratuit » ndlr)  pour apprendre. Moi au départ je viens du jeu vidéo Counter-Stricke. Comme dans le jeu vidéo, on s’est créé des mini-communautés et on communique sur des forums.

Jouez-vous à d’autres jeux ?

Non, je ne joue qu’au poker on line, pas aux machines à sous ni au black jack ni rien. Je ne suis pas vraiment joueur, je n’apprécie que les jeux avec un « edge » sur les autres joueurs.

Comment êtes-vous devenu joueur régulier ?

Au démarrage, j’ai joué en argent fictif pendant quelques mois. Il y a eu aussi une période où je n’ai pas joué parce que je consacrais du temps à mes études d’informatique. Puis je me suis lancé sur un site avec des mises à 1 ou2 centimes puis des sit-and-go à 5$ jusqu’à évoluer sur une table à 100$ où j’ai tout perdu. Je suis parti d’un « bankroll » offert (fond de roulement ou trésorerie en Français ndlr) de 50$  et mon compte est progressivement monté jusqu’à 2000… C’est ces 2000$ que j’ai balancé sur une table no limit de 100. Ce fut une erreur et j’ai fait un gros break de plusieurs mois car j’avais dilapidé mon budget jeu. Plus tard, j’ai retrouvé un ami, un joueur pro qui m’a donné 250$ pour me refaire. Maintenant, je suis joueur régulier en no limit 200.

Quel est votre but au poker ?

Aller plus haut, une table à $400 par exemple. Le but est de s’assoir à une limite à laquelle vous n’êtes pas habitué et de dominer la table. C’est une question d’égo, être le meilleur, c’est tout.

Avez-vous perdu le contrôle à un moment donné ?

Oui parce que j’ai dérapé en risquant trop d’un coup. C’était un manque d’expérience, le poker s’apprend. C’est un jeu où il faut analyser ses erreurs.

Comment gérez-vous votre budget ?

J’ai des comptes dissociés perso/jeu. Quand mon compte de jeu s’est retrouvé à sec, je n’ai plus joué, tout simplement. J’utilise aussi des outils de gestion évolués (des logiciels statistiques et mathématiques). Pour jouer au poker, il faut manager strictement sa bankroll. Il y a aussi quelques règles à respecter : il faut avoir beaucoup de buy-in pour pouvoir jouer, une réserve pour se rattraper.

Avez-vous envie de devenir un joueur professionnel ?

Non, je joue lorsque j’en ai envie. Les joueurs pro on-line ont une vie solitaire, ça ne me dit rien.

Est-ce que vous consacrez beaucoup de temps au poker ?

C’est variable. Je suis en couple et nous avons chacun une passion : elle le cheval et moi le poker. Je joue essentiellement quand elle n’est pas là, qu’elle fait du cheval. Elle n’aime pas trop le poker, ce n’est pas sont truc mais elle me fait confiance parce qu’elle sait que je gère bien.

Quand vous perdez, à qui la faute ?

Parfois j’ai mal joué, d’autres fois, c’est la malchance. C’est les erreurs de jeu qu’il faut tenter de comprendre.

Un souvenir particulier ?

Dans une table finale d’un tournois à 55$ rebuy  le premier prend 15K. Je suis deuxième en jetons, je me sens bien, je joue bien. Je relance une paire de 9, suivis par le gros blind (de peu le chipleader et il est très loose/agressif). Flop Q99, il check / je bet / il me reraise all-in.

Je suis instantanément avec mon carré, les cartes sont dévoilées, je constate qu’il a QJ donc deux paires…

Turn Q

River Q

Il fait carre de dames, je me décompose. En gagnant ce coup j’aurais été en très très bonne posture pour prendre la première place.

Conclusion :

Cyril décrit un jeu contrôlé où les comportements sont très encadrés : tout tient à l’auto discipline. Il insiste sur l’analyse du jeu a postériori dans le but d’en tirer de l’expérience (effet d’apprentissage). Il raconte également l’entrée dans le jeu comme une intronisation par des pairs plus expérimentés, respectés, formant avec les autres joueurs une communauté.

Il n’y a pas de dimension ordalique ici : la prise de risque est calculée et lorsqu’elle est trop importante, le repli est immédiat. Lorsqu’il a « dérapé » selon ses mots, Cyril a stoppé le jeu immédiatement (colère ? peur ?). Il n’a pas surenchéri sur ses pertes comme le ferait un joueur problématique, il a pris du recul.

On remarque que Cyril a d’emblée construit des limites encadrant sa pratique de jeu. Le poker est une activité personnelle, pratiqué hors des temps conjugaux et c’est un loisir qui n’est pas acquitté avec l’argent du couple. Autant de garde-fous qui protègent de toute dérive.


Posté le : 01 déc 2009
Posté dans Poker Responsable |

Lancement d’une étude nationale sur le jeu excessif

Pour faire face à un problème de santé publique, une étude scientifique nationale, à l’initiative du CHU de Nantes (première structure en France officiellement dédiée à la recherche sur le jeu excessif et le jeu problématique), débute  dans différents espaces de jeux : (Points de vente Française des jeux, Pmu et casinos).

Cette recherche a  pour objectif :

  • de déboucher sur une politique de prévention et de soins efficaces.
  • de réaliser une typologie des joueurs les plus à risques, de façon à envisager la prévention la plus adaptée, avec l’ambition de promouvoir des pratiques de jeu les plus responsables possibles, dans l’intérêt de tous.
  • de décrire l’évolution des pratiques de jeu en associant plusieurs équipes engagées dans la prise en charge du jeu pathologique :

(Nantes, Colombes, Paris, Bordeaux et Marseille).

Le casino Barrière d’Enghien-les-Bains est sollicité pour cette recherche depuis le 19 octobre 2009 par le centre Médical Marmottan et l’hôpital Louis Mourier.

Population concernée :

Pour les deux tiers des personnes, le recrutement a lieu directement dans les espaces de jeu proches des centres des équipes participantes.

Pour les personnes recrutées dans les casinos, un entretien sur le lieu de jeu est proposé, dans  un endroit discret, afin d’obtenir les données les plus valides possibles et de ne pas gêner le fonctionnement de l’espace de jeu.

Méthodologie

La première phase consiste en un entretien individuel reposant sur des outils validés sur le plan international. C’est une étude dont l’objectif principal est de comparer les caractéristiques sociodémographiques  de 3 groupes de joueurs :

  • joueurs non problématiques (JNP),
  • joueurs problématiques non en soins (JPNS),
  • joueurs problématiques en soins (JPS).

La deuxième phase, d’une durée de 5 ans, vise à décrire l’évolution de ces 3 groupes de joueurs recrutés au cours de la première phase. Les sujets acceptant le suivi seront convoqués chaque année pour un entretien individuel de même nature que l’entretien initial.

A noter :

  • des flyers sont mis à la disposition des participants,
  • des bons cadeaux sont remis aux participants répondant au questionnaire,
  • un suivi  de l’avancée de cette recherche sera communiqué sur  le site internet du Centre de Référence du Jeu Excessif ( www.crje.fr).

A suivre…

Corinne Laplaud


Posté le : 19 nov 2009
Posté dans Actualité Jeu responsable |

Jeu Responsable au Casino d’Enghien : Témoignage

Au casino d’Enghien, 500 entretiens ont été réalisés depuis 2 ans,  à la demande ou provoqués,  par le biais de l’observation bienveillante de comportements au jeu,  et dans le but d’apporter conseil, accompagnement et aide  personnalisés en toute confidentialité.


Voici une tranche de vie raconté par
Corinne LAPLAUD, chargée du jeu responsable au Casino d’Enghien Les Bains :

« En arrivant ce matin au casino, j’aperçois Madame B dans le Jardin des Roses qui attend  l’ouverture du casino, (qui n’est que dans 1 heure). Elle fait semblant de ne pas me voir, mais bien évidemment je vais au contact.

-          Bonjour Madame B, comment allez-vous ?

-          Ah si vous saviez, hier j’ai fait la fermeture, ma machine m’a mangé 1500€, j’ai été obligée de prendre un RTT car c’est sûr je le sais, je le sens, elle va me les redonner.

Comme chaque jour, je vais  saluer les clients dans la salle des machines ; Madame B au loin, me fait de grands signes tout en se trémoussant curieusement sur son siège.

-          Vite, venez à mon secours j’ai envie de faire pipi, mais je ne veux pas laisser ma machine, j’ai peur qu’on me la vole.

Tandis que je couve la machine de madame B, Monsieur G  en profite pour me demande également de surveiller sa machine : il doit téléphoner à sa femme dans un endroit tranquille, pour qu’elle ne puisse  pas entendre le bruit des machines.

A son retour, je propose une  collation à Madame B qui la refuse; elle n’a pas le temps !

Beaucoup plus tard, le responsable de salle me fait appeler, Madame B veut me voir d’urgence et dans un état manifestement fébrile, me dit :

-          J’ai de l’argent sur mon compte, mais vous refusez mes chèques, faîtes un geste, vous savez  bien que je suis bonne cliente ! la machine va payer, je le sais.

Je commence à expliquer à Madame B que sa demande n’est pas raisonnable, qu’elle n’a aucune certitude que la machine paye mais soudain, avec des trémolos dans la voix, madame B s’effondre:

-          Je n’en peux plus, que va dire mon mari qui est  en déplacement?  S’il voit les comptes, c’est  fini pour moi.

Je calme madame B et l’interroge :

-          Vous rappelez-vous depuis combien de temps vous jouez ?

-          Si je m’en rappelle, c’est comme si c’était hier, mon mari était même encore en déplacement.

Je rencontre une amie chez le coiffeur qui me propose de me faire découvrir le casino et bien avec 40€ j’ai gagné 1000€ !

-     Qu’avez-vous fait ensuite ?

Le visage de Madame B est radieux et ses yeux brillent d’excitation.

-          Je les ai vite mis dans mon portefeuille, et je suis partie. Hélas, je suis revenue le lendemain et tous les autres jours. Aidez moi, j’aime trop le casino, je ne pense qu’à ça.

Ne pouvant renflouer ses comptes d’un coup de baguette magique, nous avons beaucoup parlé et avec son accord établi une stratégie de protection.

Madame B, à l’aube de la retraite s’ennuie, son mari est très gentil mais il travaille beaucoup et n’est pas souvent à la maison. Ses enfants ont fait leur vie et madame B se sent seule.

Le casino, dont elle ne veut pas se passer, devient son refuge, sa raison d’exister,  jusqu’à en oublier les activités auxquelles elle s’adonnait avec plaisir.

Conclusion

Madame B s’est ouvert un compte bancaire limité, avec un budget réaliste réservé à son plaisir du jeu, -en accord avec son mari-, que madame B m’a présenté, lors d’une soirée Jackpotter’s au casino.

Madame B s’est  également engagée pour une Limitation Volontaire d’Accès à 4 visites par mois, ce qui lui convient très bien. Nous prenons de temps en temps un café ensemble. »

Corinne LAPLAUD

Jeu Responsable : Enghien


Quelques conseils proposés par Corinne:

  • Prévoyez un budget réaliste
  • Planifiez vos fréquences de visites
  • Profitez des multiples activités festives de votre casino
  • Partagez équitablement le jeu avec les distractions que vous aimiez auparavant
  • N’hésitez pas à demander de l’aide à des professionnels
  • Analysez objectivement votre plaisir du jeu
  • Octroyez vous  des moments de plaisirs diversifiés
  • Venez  jouer accompagné d’un ami de confiance
  • N’utilisez pas le jeu comme substitut de vos problèmes
  • Organisez-vous d’autres activités satisfaisantes
  • N’oubliez pas vos buts et vos projets
  • Repérez les sensations que vous avez avant de jouer
  • Parlez à quelqu’un de votre envie, avant d’aller jouer.


Posté le : 19 oct 2009
Posté dans Témoignage jeu responsable |