Poker responsable : Cyril raconte

Nous vous proposons l’interview de Cyril, joueur de poker anonyme, qui vient compléter le premier témoignage Poker responsable que nous avions publié à cette adresse :
http://blog.jeuresponsable.info/poker-responsable-temoignage/

Cyril, bonjour, pouvez vous nous dire comment tout a commencé ?

Je joue au poker depuis 4 ans, j’avais vu une émission sur Eurosport et le principe m’a plu. Plus tard, une publicité sur internet m’a incité à jouer. J’ai d’abord joué en play money (« mode gratuit » ndlr)  pour apprendre. Moi au départ je viens du jeu vidéo Counter-Stricke. Comme dans le jeu vidéo, on s’est créé des mini-communautés et on communique sur des forums.

Jouez-vous à d’autres jeux ?

Non, je ne joue qu’au poker on line, pas aux machines à sous ni au black jack ni rien. Je ne suis pas vraiment joueur, je n’apprécie que les jeux avec un « edge » sur les autres joueurs.

Comment êtes-vous devenu joueur régulier ?

Au démarrage, j’ai joué en argent fictif pendant quelques mois. Il y a eu aussi une période où je n’ai pas joué parce que je consacrais du temps à mes études d’informatique. Puis je me suis lancé sur un site avec des mises à 1 ou2 centimes puis des sit-and-go à 5$ jusqu’à évoluer sur une table à 100$ où j’ai tout perdu. Je suis parti d’un « bankroll » offert (fond de roulement ou trésorerie en Français ndlr) de 50$  et mon compte est progressivement monté jusqu’à 2000… C’est ces 2000$ que j’ai balancé sur une table no limit de 100. Ce fut une erreur et j’ai fait un gros break de plusieurs mois car j’avais dilapidé mon budget jeu. Plus tard, j’ai retrouvé un ami, un joueur pro qui m’a donné 250$ pour me refaire. Maintenant, je suis joueur régulier en no limit 200.

Quel est votre but au poker ?

Aller plus haut, une table à $400 par exemple. Le but est de s’assoir à une limite à laquelle vous n’êtes pas habitué et de dominer la table. C’est une question d’égo, être le meilleur, c’est tout.

Avez-vous perdu le contrôle à un moment donné ?

Oui parce que j’ai dérapé en risquant trop d’un coup. C’était un manque d’expérience, le poker s’apprend. C’est un jeu où il faut analyser ses erreurs.

Comment gérez-vous votre budget ?

J’ai des comptes dissociés perso/jeu. Quand mon compte de jeu s’est retrouvé à sec, je n’ai plus joué, tout simplement. J’utilise aussi des outils de gestion évolués (des logiciels statistiques et mathématiques). Pour jouer au poker, il faut manager strictement sa bankroll. Il y a aussi quelques règles à respecter : il faut avoir beaucoup de buy-in pour pouvoir jouer, une réserve pour se rattraper.

Avez-vous envie de devenir un joueur professionnel ?

Non, je joue lorsque j’en ai envie. Les joueurs pro on-line ont une vie solitaire, ça ne me dit rien.

Est-ce que vous consacrez beaucoup de temps au poker ?

C’est variable. Je suis en couple et nous avons chacun une passion : elle le cheval et moi le poker. Je joue essentiellement quand elle n’est pas là, qu’elle fait du cheval. Elle n’aime pas trop le poker, ce n’est pas sont truc mais elle me fait confiance parce qu’elle sait que je gère bien.

Quand vous perdez, à qui la faute ?

Parfois j’ai mal joué, d’autres fois, c’est la malchance. C’est les erreurs de jeu qu’il faut tenter de comprendre.

Un souvenir particulier ?

Dans une table finale d’un tournois à 55$ rebuy  le premier prend 15K. Je suis deuxième en jetons, je me sens bien, je joue bien. Je relance une paire de 9, suivis par le gros blind (de peu le chipleader et il est très loose/agressif). Flop Q99, il check / je bet / il me reraise all-in.

Je suis instantanément avec mon carré, les cartes sont dévoilées, je constate qu’il a QJ donc deux paires…

Turn Q

River Q

Il fait carre de dames, je me décompose. En gagnant ce coup j’aurais été en très très bonne posture pour prendre la première place.

Conclusion :

Cyril décrit un jeu contrôlé où les comportements sont très encadrés : tout tient à l’auto discipline. Il insiste sur l’analyse du jeu a postériori dans le but d’en tirer de l’expérience (effet d’apprentissage). Il raconte également l’entrée dans le jeu comme une intronisation par des pairs plus expérimentés, respectés, formant avec les autres joueurs une communauté.

Il n’y a pas de dimension ordalique ici : la prise de risque est calculée et lorsqu’elle est trop importante, le repli est immédiat. Lorsqu’il a « dérapé » selon ses mots, Cyril a stoppé le jeu immédiatement (colère ? peur ?). Il n’a pas surenchéri sur ses pertes comme le ferait un joueur problématique, il a pris du recul.

On remarque que Cyril a d’emblée construit des limites encadrant sa pratique de jeu. Le poker est une activité personnelle, pratiqué hors des temps conjugaux et c’est un loisir qui n’est pas acquitté avec l’argent du couple. Autant de garde-fous qui protègent de toute dérive.

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2 réponses à Poker responsable : Cyril raconte

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  2. Bon joueur et bonne philosophie, ne pas y passer trop temps pour que ça reste un plaisir.

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